Marcher pour progresser

Pakistan 

Vallée de la Hunza 

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Carnet de Voyage

 

 

 

 

 

Reconnaissance dans le Nord du Pakistan

Vallée de la Hunza / Vallée de Chapursan / Shimshal

Du 07 au 24 juillet  2007

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est au milieu des années 1990, dans le cadre de ma formation en naturopathie avec Robert Masson que j'ai entendu parler pour la première fois des Hunza du Pakistan , de leur mode de vie particulier et de leur  longévité.  En janvier 2007 j'ai eu envie d'aller voir de plus près cette population  et d'aller reconnaître sur place les possibilités d'organiser un futur « Marcher pour progresser » sur leur territoire et dans leurs vallées. J'ai donc proposé, à qui le souhaitait,de m'accompagner dans cette aventure.   

Pendant tout le voyage , Nadeem a été notre guide 

 

 

 

 

 

 

 

" Le pakistanais est implicitement ressenti comme un voyou terroriste ; un jugement qui attriste ces populations de montagne. Les gens d'ici ne sont pas dupes, ils n'en veulent pas au non-musulmans, mais ils sont aigris contre les manœuvres des gouvernants, contre toutes les erreurs qui ont conduit aux tensions présentes, à la dévalorisation de leur image et de leur religion. Le 11 septembre n'a pas changé la qualité d'accueil des montagnards, au contraire. Montrer la confiance que l'on garde envers ces hommes en continuant à aller à leur rencontre est le meilleur moyen d'éviter de creuser le fossé culturel qui entretient l'incompréhension et la peur." 

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est donc dans le  sas de la zone d’embarquement de l’aéroport de Muscat ,capitale du Sultanat d’Oman, venant de Paris via Bharein et seuls occidentaux à nous embarquer pour Islamabad , que nous avons commencé à  nous débarrasser de nos projections  et de nos imaginaires pollués , pour oser  tenter la rencontre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Islamabad  et Rawalpindi 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partis de  Paris, nous sommes arrivés à Islamabad après 24 heures de trajets aériens ponctués d’escales à Bahreïn et Muscat (Sultanat d'Oman).Capitale actuelle du Pakistan , Islamabad est une ville moderne construite au cordeau par les urbanistes à partir de 1961. Nous ne sommes peut-être pas restés suffisamment longtemps dans cette ville pour vraiment lui trouver  du charme.

 

 

 

 

 

 

 

Néanmoins, nous avons passé un moment très agréable et très serein lors de la visite 
de la Mosquée Shah Faisal.

 

 

 

 

 

 

 

La Mosquée Shah Faisal à Islamabad est l’une des plus grande d’Asie, elle a été financée 
par le gouvernement d'Arabie Saoudite , elle a une superficie de 5000 mètres carrés et peut
accueillir 300.000 fidèles.La Mosquée est construite à l’une des extrémités de la ville dans
un endroit magnifique fourni par les collines de Margalla . C’est un point focal de la ville
et l’icône la plus connue d’Islamabad.

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes tombés sous le charme  de Rawalpindi, ville ancienne située seulement à 15 kilomètres  d'Islamabad, et nous avons particulièrement apprécié  l'atmosphère du « Rajah Bazar » grouillant d'odeurs, de couleurs , d'animation et de sourires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les villes pakistanaises, hormis peut-être la jeune et moderne Islamabad , surprennent de prime abord par leur circulation intense et anarchique. C'est un flot incessant de véhicules qui louvoient, sans jamais freiner, tout en klaxonnant pour forcer le passage. Bus bariolés, Suzuki décorées, rickshaws pétaradants et parfois Tongas tirées par des chevaux usés, forment un bric-à-brac visuel et sonore qui déconcerte le voyageur épris de grands espaces et d'altitude. Difficile de se repérer dans ces cités labyrinthiques où se côtoient cols blancs affairés, commerçant de lointaines provinces et réfugiés convertis en vendeurs de rue »

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liaison Islamabad / Karimabad 

A travers la Khaghan Valley et la "Babusar Pass"(4170m)

 

 

 

 

 

 

 

 

Dés notre arrivée à Islamabad,  nous avons appris que la route du Karakorum ( Karakoram Highway- KKH)  que nous devions emprunter pour rejoindre la vallée de la Hunza plus au Nord , venait d’être coupée par les intempéries dues à la mousson. Une solution de rechange a été  rapidement étudiée  par  l’agence Tamera et notre  réceptif pakistanais. Il a été décidé que nous rejoindrions la ville de Chilas  , non pas par la KKH  comme prévu dans le programme initial, mais à travers  la "Kaghan Valley"en franchissant avec des  jeeps à 4170 m d'altitude  le col de  " Babusar Pass".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est donc à bord de deux Jeeps américaines des années  70 ,« customisées  à la pakistanaise », 
que nous nous sommes engagés très tôt le matin dans l'indescriptible circulation routière du Pakistan.

 

 

 

 

 

 

Cette modification imprévue de notre itinéraire, loin de nous être défavorable, nous a permis 
de découvrir un Pakistan profond et authentique et de traverser plusieurs villes et villages tout
aussi fascinants les uns que les autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet itinéraire empruntant à travers la "Khaghan valley" nous a aussi permis de passer par l'épicentre 
du séisme qui a ravagé le nord du Pakistan et du Cachemire indien en 2005.

 

 

 

 

 

 

 

Le 8 octobre 2005 a eu lieu à l'est de Srinagar, au Cachemire indien, près de la frontière entre l'Inde et le Pakistan, au nord-est d'Islamabad un séisme d'une magnitude de 7,6 . Le tremblement de terre a frappé principalement le nord de l'Inde, le Pakistan et l'Afghanistan. Au Cachemire, sous administration pakistanaise, plus de 75 000 morts et 77 000 blessés ont été enregistrés. Parmi ceux-ci, quelque 11 000 personnes ont trouvé la mort dans la capitale du Cachemire pakistanais, Muzaffarabad, et ses environs. Plus à l'ouest, dans les montagnes de l'Hindu Kuch, un total de 1 760 personnes ont été tuées et 1 797 blessées. 3,5 millions de personnes  se sont trouvées sans abri.( Source internet Wikipédia)  

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons pu constater que les stigmates de ce drame sont loin d'être effacés, et que de nombreuses
personnes continuent à habiter dans ces abris provisoires aux toits bleus ,fournis par l'aide humanitaire
locale et internationale .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La reconstruction de la région et des infrastructures est loin d'être terminée.

 

 

 

 

 

 

 

C'est donc à travers une région dévastée  aux routes cassées...

 

 

 

 

 

 

 

..et à travers les camps (encore) provisoires de réfugiés que notre 
première étape s'est achevée à Naran 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Patrick et moi, avons pu apprécier l'hospitalité des habitants en faisant le tour des gargotes à Thé , en attendant que la nuit tombe sur ce sympathique village de l’Indus Kohistan voisin  du  Cachemire tout proche .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« L'inconnu fait peur. Dans les montagnes, les reliefs difficilement cloisonnent les peuples et, d'une vallée à l'autre, on s'observe de loin.,…,La méconnaissance engendre des histoires qui, à force d'être racontées, déformées, amplifiées, deviennent effrayantes.,…, 15 jours à discuter avec les hommes du Nanga comme seuls compagnons de voyage m’ont appris une chose : malgré le fossé culturel qui nous sépare, malgré le poids du pouvoir religieux sur les âmes d'ici, les sentiments humains incontournables qui régissent les rapports entre les individus sont rigoureusement les mêmes que les nôtres. En partant de cet état d'esprit, il n'y a plus de raison d'avoir peur. La confiance et le respect que l'on affiche envers ces hommes se retournent alors envers soi , les regards deviennent protecteurs, et les sourires vrais. Ainsi naissent de solides amitiés. »

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Naran /  Karimabad

 

 

 

 

 

 

 

 

Fatigués par la journée de la veille  mais levés avant l'aube, nous sommes engagés pour
une très longues étape sur une piste particulièrement chaotique qui est rapidement 
venue à bout des capacités techniques de nos appareils photographiques numériques. 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons vraiment apprécié la maîtrise et la conscience professionnelle 
de nos chauffeurs sur ces routes et ces pistes difficiles et souvent vertigineuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leur concentration et leur attention n’ont jamais été mises en défaut 
tout au long de cette liaison pourtant pleine de pièges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces chauffeurs et accompagnateurs qui n'ont eu cesse de veiller à notre bien-être et à notre confort 
 pendant toute la durée de ce long trajet physiquement éprouvant.

 

 

Le jour se lève lentement et comme nous , le soleil semble peiner à se faufiler  
dans le dédale de ces hautes vallées .

 

 

 

 

 

 

 

D'autres jeeps se joignent à nous pour commencer l'ascension vers la "Babusar Pass "
et c'est en convoi que nous atteignons enfin des pâturages ensoleillés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ces lieux austères  quelques familles de bergers passent l'été .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La  rencontre avec les rares étrangers  de passage est manifestement la bienvenue.

 

 

 

 

 

 

 

Les jeeps négocient  lentement et humblement les obstacles ...

 

 

 

 

 

 

 

...tandis que la piste de montagne serpente entre  les rivières, ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

...longe de superbes lacs glaciaires,...

 

 

 

 

 

 

 

...des pâturages d'altitude,...

 

 

 

 

 

 

 

... et surplombe un camaïeu de villages et d' enclos à ovins et à caprins ...

 

 

 

 

 

 

 

...tout en s'élevant lentement vers le col de Babusar.

 

 

 

 

 

 

 

Les jeeps rutilantes au soleil du petit matin, essouflées par l'altitude, peinent à masquer leur âge   ...

 

 

 

 

 

 

 

...mais finissent quand même par rattraper au sommet du col (4170m) un Toyota, 
peut-être encore plus vieux qu'elles, surchargé par un groupe de prêcheurs...  

 

 

 

 

 

 

...qui trop pressés de porter la "bonne " parole , basculeront rapidement de l'autre côté du col 
pour s'éparpiller dans les différents villages de la vallée ,sans même jeter un coup d'œil au formidable
panorama  et au point de vue qui s'offre à nous sur la chaine de la Nanga Parbat (8125m) .

 

 

 

 

 

 

 

 

Liaison Islamabad / Karimabad 

De la Babusar Pass  à Chilas et à L'Indus 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A notre tour, nous nous engageons dans la descente vers Chilas et L'Indus 
dans une succession de villages que nous découvrirons impressionnés par
la parfaite organisation des cultures en terrasses et des surfaces agricoles 
gagnées à force de travail et de persévérance sur la montagne .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les paysans aiment leur terre ; c'est un cadeau qu'il faut chérir afin qu'elles donnent la vie. Il travaille tout le printemps pour nettoyer les canaux d'irrigation, répandre du fumier, labourer les parcelles avec des charrues tirées par leurs capricieux « dzo » (croisements de vache et de yak), semer le grain de l'année précédente. Les champs sont impeccables ; aucune mauvaise herbe n'échappe à la vigilance des femmes. En août, les cultures se gorgent de lumière ; c'est la belle saison, où l'on regarde la nature grandir. Quand certains sont à l'alpage, d'autres font du bois pour l'hiver, ou construisent  la maison d'un nouveau foyer. Septembre est le mois des grands travaux des moissons, qui mobilise toutes les forces vives. Les bêtes rentrent de la montagne, et c'est l'hiver. Six mois de vie au ralenti, à regarder le temps qui passe en mangeant la dernière récolte, avant de semer la suivante. Une vie en boucle. 

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus d'une fois pendant ce trajet en Jeeps nous avons  regretté de ne pouvoir arriver à pied
sac au dos et d'entrer en  relation en simples marcheurs avec les habitants de ces villages.

 

 

 

 

 

 

 


Après une longue et chaotique descente , nous rejoignons L’Indus 
et la fameuse "KKH" , la route du Karakorum .

 

 

 

 

 

 

Le midi, nous atteignons enfin Chilas,où il fait étouffant de chaleur, pour reprendre 
l'itinéraire initialement prévu par le programme .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liaison Islamabad / Karimabad 

Chilas , Vallée de l'Indus , Gilgit , Karimabad 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'après midi , c'est sous la menace d'un orage que nous reprenons la KKH en longeant la vallée et les 
rives de L'Indus où des petits groupes de chercheurs d'or vivent près du fleuve sous des tentes de fortune
pour chercher quelques pépites déposées par le fleuve à proximité des berges. Ces petites communautés viennent pour la plupart du Kazakhstan et du nord de l'Afghanistan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fleuve Indus

 

« L’Indus est le fleuve roi du Pakistan. Après avoir pris sa source à près de 5500 m d'altitude au pied du mont Kailash au Tibet, traversé le Cachemire indien en passant au Ladakh, il pénètre le pays par sa frontière orientale au Baltistan, tout en longeant le versant sud du massif du Karakoram.Sortant des gorges, chargé du limon qu'il a rongé sur les versants et sur le sol de toute une partie de l'Himalaya, ses eaux grises glissent rapidement mais silencieusement au pied des austères versants du Kohistan. C'est l'endroit où la Karakoram Highway  suit son cours sur environ 200 km, dans un décor d'une nudité dramatique. »

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les peupliers qui bordent l'Indus et ses affluents anticipent déjà les paysages qui nous attendent 
dans la vallée de la Hunza que nous sommes impatients de rejoindre, car nous sommes en route 
depuis l'aube et la fatigue de ces deux jours de jeeps commence à se faire sérieusement sentir.

 

 

Avant de pouvoir accéder au but de notre voyage , nous devrons un peu patienter à la frontière
du district de la Hunza en compagnie des superbes camions de la KKH en route vers la Chine 
toute proche et Khasgar la ville mythique de l'ancienne route de la soie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Karakoram Highway

La KKH est la route la plus haute du monde avec des passages de cols à plus de 4.700 m. Cette route, parallèle à l'ancienne route de la Soie, permet depuis 1978 de rejoindre Islamabad à Kashgar, et de se rendre en Asie Centrale. Ces hautes vallées du Pakistan sont  en fait le carrefour des civilisations, des cultures et des religions. Influencées par le Bouddhisme, imprégnées d'Hindouisme et finalement dominées par l'Islam, ces vallées en haute altitude ont toujours été le lieu de passage des caravaniers. Depuis 1978 (grâce à la Karakoram Highway) elles sont le croisement du développement du commerce entre la Chine et le Pakistan.

 

 

 

 

 

 

 

 

Karimabad et la vallée de la Hunza 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 15 heures de pistes à jeeps et de KKH nous sommes arrivés de nuit exténués à Karimabad,
mais notre fatigue s'est rapidement dissipée le lendemain matin en découvrant sur la terrasse de
notre hôtel la splendeur de la vallée de la Hunza et le superbe Rakapochi qui veille sur la vallée
du haut des ses 7788 mètres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Hunza est une halte régénérante. Cette oasis de près de 80 000 âmes s'étend en un chapelet de villages de part et d'autre d'un canyon gris au fond duquel s'écoule un puissant torrent alluvionnaire. À 360, des sommets de plus de 7000 m aux faces glaciaires quasi verticales étreignent le paysage patiemment façonné par les hommes grâce à de petits canaux.»

« Karimabad occupe un versant de près de 500 m de dénivelé, adossé aux vertigineuses pentes glaciaires de l’Ultar. Son fort, ancienne résidence royale, s'élève sur un éperon dominant toute la vallée. C'est autour de cette capitale que bat le cœur de la Hunza. »

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Karimabad ainsi que toutes les oasis qui lui sont reliées, est passée, en quelques décennies, d'une situation coupée du monde à une modernité prospère. Hunza a non seulement bénéficié de l'ouverture de la route mais également du soutien de l’Aga Khan Rural Support Program(AKRSP) qui a appris aux montagnards à s'organiser collectivement, à s'autogérer, à investir et à vendre leur production. Les techniques anciennes et adaptées à leur relief, alliées à des méthodes de culture plus moderne, ont permis aux Hunza de transformer leurs vallées et ses versants en de riches jardins et vergers dont le surplus des récoltes, pommes de terre et abricots, d'une qualité exceptionnelle, s'entassent à l'arrière des camions bariolés pour alimenter en produits frais les marchés des plaines. Les Hunza connaissent désormais la mobilité et circulent grâce à un réseau de pistes développé. »

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ascension à l’alpage d’Ultar

 

 

 

 

 

 

 

 

Les rues sont encore embrumées et endormies lorsque nous traversons le Bazar
de Karimabad dont l'artisanat est surtout réputé pour les pierres précieuses extraites
des glaciers qui entourent la vallée.

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous élevons à travers le dédale des maisons ,des murets et des jardins,
Jusqu'au seuil des montagnes qui surplombent la vallée .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« L'alliance de l'homme et des glaciers »

« De toute l'aire himalayenne, la vallée de la Hunza est sans doute le plus bel exemple d'adaptation de l'homme à son milieu. Les montagnards ont su, au fil des siècles, relever le formidable défi de mettre en culture à un monde vertical, qui ne reçoit que de très faibles précipitations et où, sans l'irrigation, les terres ne seraient qu'un vaste désert. La perfection des aménagements agricoles est sidérante.

Utilisant la loi de la gravité, depuis des siècles, les montagnards Hunza acheminent l'eau là où ils le souhaitent par un ingénieux système de canaux dont les plus longs dépassent 10 km Chaque terrasse est irriguée par une eau limoneuse, plus régénérante pour les sols que celle de la pluie. Ce formidable résultat découle d'un extraordinaire travail, lent, difficile et souvent dangereux. Quasiment tous les canaux ont été creusés à la pioche, parfois en pleine falaise à des dizaines de mètres de haut. Les plus spectaculaires sont sans doute ceux de la gorge d’Ultar, située au-dessus de Karimabad. La gestion de cet impressionnant réseau est complexe et exige un labeur sans relâche … »

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En suivant le vertigineux tracé des canaux d'irrigations d’altitude, témoins  du génie et de l'opiniâtreté des Hunzas pour aménager leur territoire, nous rejoignons  un groupe de villageois affairés à réparer une canalisation détruite par un éboulement de terrain. Témoignant d'une belle énergie et d'une forte solidarité, jeunes et vieux étaient au travail.  

 

 

 

 

 

 

 


Après les palabres d'usage nous continuons notre ascension vers
 l’alpage d’Ultar,en espérant que les nuagesse dissipent enfin ,
afin que nous puissions admirer l’ "Ultar Peak"  (7388m) 
et son glacier ainsi que le "Lady finger " (6000 m) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malheureusement les dieux de la montagne n'ont pas accédé à notre requête et après un bon 
moment de repos et un excellent repas pris dans la cabane des bergers,nous avons pris le 
chemin du retour sainement fatigués par cette première mise en jambes de la reconnaissance.

 

 

 

 

 

 

 


 


Le lendemain matin, le beau temps revenu, nous pouvons enfin apercevoir les méandres 
de la Hunza River.

 

 

 

 

 

 

Karimabad est la capitale de la vallée de la Hunza. Les habitants sont ismaéliens,
une branche progressiste de l'Islam tolérant, et leur chef spirituel est le prince 
Karim Agha Khan.
Cet ancien royaume autrefois dirigé par un "Mir" est une vallée très fertile.
Elle est entourée de sommets de plus de 7.000 mètres dont le Rakaposhi (7.788 m),
le Diran (7.266 m) - le spantik (7.027 m) et le Mont Ultar (7.388 m). La moraine 
du glacier est un limon naturel qui permet de produire de nombreuses cultures en 
espaliers alimentées par l'eau canalisée des glaciers. Le taux d'ensoleillement 
exceptionnel permet de déguster les abricots, pêches, pommes, etc. 

 

 

 

 

 

 

 

Le but de la marche de la matinée est d'atteindre le fort de Baltit .Le fort de Baltit est construit 
sur les hauteurs de Karimabad, au pied du sommet d’Ultar, à 2800 mètres d’altitude.
Le bâtiment datant principalement du XVIIIe siècle mais avec quelques restes du XIIIe siècle, 
a été restauré par les efforts de la Fondation de l'Agha Khan.

 

 

 

 

 

 

 

la montée jusqu’au fort est assez physique…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout en nous élevant, nous apercevons le fort d'Altit, situé à 3 kilomètres en contrebas 
de la ville de Karimabad et construit sur une colline de 300 mètres de haut .

 

 

 

 

 

 

Le fort a été construit avec des techniques légères, pour résister aux nombreux tremblements 
de terre : charpentes majestueuses et murs de briques de terre séchées, qui rappellent les 
constructions tibétaines et ladakhis. Selon la légende, ce serait la princesse du Baltistan
(Skardu voisine, à la frontière avec le Ladakh) qui, en épousant le Mir de Hunza, 
serait venue avec des artisans chevronnés de sa province pour construire sa demeure.

 

 

 

 

 

 

Il s’agit d’une réelle forteresse, destinée à protéger la vallée de Hunza, puisque l’intérieur mélange 
le confort d’une demeure princière avec une vue magnifique, avec un espace fermé et militarisé.

 

 

 

 

 

 

 

Les forteresses d’Altit et de Baltit étaient les demeures de la famille royale.La famille des 
Mirs de Hunza a vécu dans le fort jusque dans les années 1950, date à laquelle la vallée, 
comme les autres zones tribales du Nord du Pakistan s’est ralliée au Pakistan indépendant. 

 

 

 

 

 

 

 

Les derniers Mirs ont perdu leur souveraineté en 1974, quand que Pakistan et la Chine ont 
construit la Karakoram Highway. Mais la citoyenneté des montagnards reste floue. 
Ils ne sont pas pakistanais à part entière car le sort de ces « territoires disputés » du Cachemire
n'a jamais été tranché par les instances internationales., … Les anciens royaumes demeurent
les racines identitaires originelles, les plus ancrés dans les mémoires. 

 

 

 

 

 

 

 

l'après-midi, notre reconnaissance dans la vallée de la Hunza se prolonge...

 

 

 

 

 

 

 

par une randonnée qui nous permettra d'apercevoir de plus près le village et le fort d'Altit.

 

 

 

 

 

 

 

  

Tout en prenant le temps de cueillir en cours de 
route les fameux abricots de la vallée de la Hunza,...

 

 

 

 

 

 

 

...nous rejoignons l'hôtel dans lequel nous passerons la nuit,et son point 
de vue incomparable,sur la vallée et les superbes montagnes qui nous entourent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Karimabad - Gulmit - Gulkin - lac de Borit 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la route qui nous mène de Karimabad à Gulmit , nous faisons un arrêt 
pour admirer les roches sacrées de la Hunza. Ces rochers comportent des
inscriptions et des pétroglyphes (éléphants - yacks - ibex - marmottes)
laissées par les tibétains et les chinois qui occupaient autrefois la région de
la Hunza.

 

 

 

 

 

 

 

Tout le long de cette route, nous pourrons souvent repérer de nombreuse traces de l’ancienne route de la soie.

 

 

 

 

 

 

 


La route de la soie 

La route de la soie était un réseau de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe allant de Chang'an (actuelle Xian) en Chine jusqu’à Antioche, en Syrie médiévale. Elle doit son nom à la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie, dont seuls les Chinois connaissaient le secret de fabrication. Cette dénomination, forgée au XIXe siècle, est due au géographe allemand Ferdinand von Richthofen.
À partir de Kashgar et Yarkand, les pistes rejoignaient la Perse ou l'Inde à travers les hautes montagnes de l'Asie centrale (Pamir, Hindū-Kūsh et Karakoram), puis par la Sogdiane (Samarcande, Boukhara, Merv), la Bactriane (Balkh) ou le Cachemire (Srinagar). En fait, très rares étaient ceux qui parcoururent l'intégralité du trajet. Marco Polo, son père et son oncle furent de ceux-ci.

Les marchandises venues d'Orient ou d'Occident s'échangeaient dans les oasis, devenues d'importants comptoirs fréquentés par, outre les commerçants, des pèlerins, des soldats et des espions. Cette région du « Turkestan chinois » était sous la souveraineté théorique de l'empereur de Chine, mais cette domination subissait de fréquentes éclipses dues à son grand éloignement et à la difficulté d'y maintenir des garnisons suffisantes.

La route fut aussi utilisée par les pèlerins qui cherchaient à refaire les pérégrinations du Bouddha.
La longueur du parcours, les multiples dangers encourus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux incursions de peuples belliqueux, aux attaques des brigands, et à l'extrême rigueur du climat (torride en été et glacial en hiver), rendaient très chers les produits qui transitaient ainsi entre le bassin méditerranéen et l'Extrême-Orient. Ce fut une des raisons qui incita les Européens à rechercher une route maritime vers les pays d'Orient. La Route de la soie fut progressivement abandonnée au XVe siècle. De plus la fabrication de la soie s'était peu à peu développée en Europe, de sorte que les soies chinoises intéressaient moins les Européens.

Elle fut également la voie par laquelle plusieurs religions étrangères pénétrèrent en Chine : bouddhisme, christianisme nestorien, judaïsme, manichéisme et islam se transportèrent au travers de ces régions jusqu’à Xi'an.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivés à Gulkin , Village de notre guide Nadeem, nous avons eu la chance d’être invités 
à partager avec les villageois la fête du jubilée d’or , donnée en l’honneur  des 50 ans 
d’Imamat du guide spirituel des Ismaéliens , Karim Agha khan.  


 

 

 

 

 

 


L'ismaélisme

Les disciples de l'ismaélisme sont appelés ismaéliens ou ismaīlites, à ne pas confondre avec les descendants d'Ismaël (prophète de l'islam et patriarche biblique) appelés ismaélites.

L'ismaélisme, ou ismâ`îlisme est un courant minoritaire de l'Islâm shiite. Ses membres sont appelés Ismaéliens, Ismâ`îliens (arabe اسماعيلي ismā`īlī). Une étude de l’ismaélisme doit couvrir plusieurs aspects : il n'est pas spécifiquement persan, ni arabe, ni indien ; il a une longue histoire qui est complexe et loin d'être unifié, l’ismaélisme se subdivise en plusieurs rameaux.Les Ismaéliens se partagent en deux branches : les Mustalis et les Nizaris.

Les ismaéliens sont une branche des chi'ites. On sait qu'après la mort du Prophète, quatre califes se succédèrent à la tête de la communauté musulmane: Abou Bakr, Omar, Othman et Ali. En 675, après l'affrontement à Siffin, qui opposa Ali et Moawiya, le futur calife, l'islam se scinda en trois: les sunnites, les kharidjites et les chi'ites. 

Le chi'isme repose sur le principe de l'imamat qui réserve à Ali et à ses descendants le droit de diriger la communauté musulmane. L'imam, ou guide spirituel, est un docteur, investi par désignation divine, qui continue la mission du Prophète. Les imams détiennent des connaissances secrètes qu'Ali aurait reçues du Prophète et qu'il se transmettent les uns aux autres. L'imam constitue la seule autorité qualifiée pour fixer l'interprétation de la Loi. 

L'influence de l'ismaélisme sur la pensée et la littérature arabes a été considérable. On lui doit la création des corporations basées sur un rituel initiatique dont s'est inspiré, en Occident, le Compagnonnage. 

Le rôle spirituel de l’imam est considérable puisqu’il est la manifestation de Dieu sur terre sous forme humaine. C’est un être de nature supérieure qui sert d’intermédiaire aux âmes pour qu’elles accèdent à Dieu. Par ses discours et ses écrits, l’imam, en l’occurrence l’Agha Khan, donne ses instructions spirituelles à ses fidèles et les guide. Les Ismaéliens nizaris se contentent généralement de deux prières par jour, ne s’astreignent pas au jeun du Ramadan et prescrivent la monogamie. C’est dire que les Ismaéliens ne sont nullement portés au fanatisme et acceptent facilement le dialogue avec les autres religions. Jamais cependant ils ne font de prosélytisme, ce qui explique en partie la faiblesse relative de leurs effectifs. 

Les Nizaris, qui reconnaissent pour imam l’Agha Khan vivent dans les zones montagneuses d’Asie centrale : il y en avait 250 000 en Afghanistan dans la région de Bamyan, 120 000 au Tadjikistan, 80 000 dans le Xing Yang chinois, 120 000 en Syrie, 80 000 en Iran, 250 000 dans diverses régions de l’Inde et du Pakistan.

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'occasion de cette fête, nous avons eu le privilège d'être invités à diner dans 
la maison notre guide .Pendant cette soirée, le père de Nadeem qui est théologien 
et qui à fait ses études à Londres , nous a entretenu pendant de longues heures 
sur la religion, la philosophie et le mode de vie de la communauté ismaélienne 
ainsi que sur sa politique d'éducation et de développement des Hunzas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La multiplication des écoles, notamment de filles, l'implantation de dispensaires, le financement d'infrastructures collectives telles que des ponts ou des pistes ont insufflé une formidable énergie à tous les habitants de la vallée. Ses nombreuses actions ont été supervisées et financées par les diverses branches de la fondation du prince Aga Khan, chef religieux des  ismaéliens auxquels les Hunza sont affiliés. Aujourd'hui, leur région est un modèle du genre matière de développement et elle est citée en exemple par la banque mondiale. »

« Le nombre d'établissements dans les régions du Nord est passé de huit en 1950 à plus de 500 en 2004. Le taux d'alphabétisation a progressé mais reste faible : 59 % pour les hommes et 30 % seulement pour les femmes. C'est une moyenne ; les communautés ne sont pas toutes la même enseigne. Dans le Nord du pays, il y a un fossé entre les populations ismaéliennes, soutenues par l'Aga Khan, qui font de l'éducation le fer de lance de leur développement et envoient les filles étudier jusqu'à l'université, et les villages sunnites ou chiites les plus éloignés, démunis et traditionalistes, du Nanga Parbat, du Baltistan ou des régions tribales. »

 Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir quitté la fête nous nous sommes dirigés vers le lieu de notre bivouac
du soir au lac de Borit .

 

 

 

 

 

 

Mais avant d'atteindre le bivouac, après avoir traversé le village, nous avons dû nous
franchir les crètes d'une succession  de glaciers afin de passer dans l'autre vallée.

 

 

 

 

 

 

 

Cette petite ascension nous a permis de nouveaux de découvrir une splendide vue des paysages     caractéristiques de la vallée de la Hunza.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il ne nous restait plus qu'à redescendre vers le lac de Borit et notre bivouac.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lac de Borit - Sost- Vallée de Chapursan 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après un agréable bivouac sous tente au lac de Borit , nous avons repris la KKH vers 
le nord en direction  de Sost , de la vallée de Chapursan et de la frontière chinoise . 

 

 

 

 

 

 

En chemin nous avons rencontré ces femmes qui battaient joyeusement des tapis à même 
la route pour préparer la fête du « Golden jubilée » de leur Imam l'Agha Khan.

 

 

 

 

 

 

 

Sost figure parfaitement l'idée que l'on peut se faire d'une "ville frontière" avec son intense 
trafic de quatre-quatre, de camionnettes et de camions surchargés, ses commerces colorés 
où diverses ethnies se croisent bruyamment et nonchalamment. 

 

 

 

 

 

 

Sost est le dernier village sur la KKH avant la frontière chinoise 
et le célèbre « Kunjerab Pass », col frontière qui culmine à 4733 mètres.

 

 

 

 

 

 

Nous nous sommes arrêtés à Sost quelques heures avant de pénétrer dans la 
vallée de Chapursan , le temps de commander notre repas au restaurant, le
temps aussi que le cuisinier et son commis prennent tout leur temps pour faire 
les courses dans les multiples échoppes du village et reviennent avec des
produits frais pour nous préparer à la dernière minute un succulent repas chinois.
Le rapport au temps au Pakistan n'est pas tout à fait pareil que chez nous.

 

 

 

 

 

 

 

Sost est un lieu important de transit pour les camions Pakistanais colorés et très décorés , 
qui livrent les marchandises venues du Punjab, aux camionneurs chinois qui alimenteront 
les marchés de Kashgar.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les enluminures des bus et des camions, jadis destinées à chasser les mauvais esprits, sont l'objet d'une véritable surenchère décorative de la part de leurs propriétaires. »

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la vallée de Chapursan 

 

La vallée de Chapursan conduit au fameux corridor de Wakhan, situé le long de la frontière afghane. 
Jusqu’en 1991 elle était interdite aux étrangers .Cette contrée pourtant très belle est encore très peu fréquentée aujourd’hui. De nombreux habitants de la région Hunza-Gojal au nord du Pakistan empruntent cette vallée isolée. Beaucoup de légendes qui thématisent les catastrophes naturelles en sont issues .

 

 

 

 

 

 

 

 

Le corridor de Wakhan

 


 

Le corridor du Wakhan fut créé à la fin du XIXe siècle par l'empire britannique comme tampon contre une agression potentielle de la Russie contre l'Inde.
En forme de queue de poêle, Le corridor du Wakhan est situé à l'est de l'Afghanistan,dans la province du Badakhchan dans la région montagneuse du Pamir, il est bordé au nord par le Tadjikistan, au sud par le Pakistan et à l'est par la Chineet mesure parfois moins de 15 km de large sur environ 200 km de long. Le corridor de Wakhan est très peu peuplé. Le principal groupe ethnique est formé par les Wakhis, ainsi que par quelques Kirghizes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vallée de Chapursan s’étire le long d'une rivière, du village de Sost au corridor de Wakhan.

Après avoir quitté Sost, les premiers kilomètres de pistes dans un univers très minéral 
ne permettent pas de deviner la succession de petits villages de cultures verdoyantes qui s'étirent 
par la suite jusqu'à la frontière afghane. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Vue du ciel, les régions du nord du Pakistan paraissent invivables. C'est un océan de rochers de glace, 
creusé de profondes vallées aux flancs dénudés et incendiés par le soleil. Je suis toujours émerveillé 
quand je perçois de petites taches de verdure blottie au coeur de ce chaos désertique. Minuscules oasis accrochées à la moindre parcelle de terre, rendues hospitalières par le minutieux travail des agriculteurs 
de montagne."

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette vallée, peu fréquentée par les touristes, est un réel havre de tranquillité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dès l'aurore, la population est au travail dans les champs, femmes et enfants y compris, 
s’affairant pour entretenir de petites parcelles cultivées irriguées par des rigoles dessinées 
en serpentins et creusées à même le sol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Endurance ou résistance ?
  Pendant cette petite ascension , Patrick prend le pouls de l'équipe.
Voilà une bonne occasion de profiter des circonstances du voyage et de 
la marche pour organiser un atelier de physiologie de l'effort improvisé par les 
difficultés naturelles du terrain .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est fou ce que les cheveux poussent vite à cette altitude !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Notre randonnée nous a conduit à « Bagagundi » en fin de vallée à quelques kilomètres 
de l'Afghanistan et de la Chine. 
« Bagagundi » est le lieu où quelques habitants de la vallée séjour de l'été dans de petites maisons 
de pierre pour y garder les troupeaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Nous avons été invités dans l'un de ces foyers où il n'y a ni eau ni électricité pour prendre 
le thé et goûter au yaourt de maison. De nouveaux nous avons été touchés par la gentillesse 
et l'hospitalité de ces humbles montagnards.

 

 

 

 

 

 

 

 

Passu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Notre randonnée dans la région de Passu, village situé au bord de KKH et porte d'entrée 
vers la vallée de Shimshal,nous a permis de retrouver les montagnes en forme de cathédrales
gothiques si caractéristiques de cette région du monde.

 

 

 

Passu est le début des vallées fertiles du Baltistan. C'est aussi le royaume des géologues, 
c'est le seul endroit au monde où l'on peut admirer le plus haut dénivelé de paroi rocheuse.
Ces montagnes granitiques constituent une frontière naturelle entre la Chine au Nord, le 
Pakistan au Sud et la Russie au Nord - Est.

 

 

 

 

 

 

 



Cette randonnée a aussi été l'occasion d'une très belle « séquence émotion » lors du franchissement
du célèbre pont suspendu de Passu dont la longueur dépasse les 150 mètres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La longueur du pont, l'écart important entre les planches et bouts de bois sur lesquels 
il faut trouver son appui, la vision sous les pieds de la rivière grise qui glisse rapidement 
en charriant le limon glaciaire créant ainsi un référentiel visuel qui déroute le cerveau,
la minéralité et le gigantisme de l'environnement montagneux , sont autant d'éléments 
qui participent à cette épreuve initiatique, vertigineuse et forcément inoubliable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Shimshal

 

 

 

 

 

 

 

 

« Shimshal est au bout du monde. À 3000 m, ce village important est resté durant des années l'un des plus reculé des montagnes pakistanaises, en raison des obstacles du relief. Le Mir, l'ancien monarque de Hunza, bannissait autrefois ses sujets déloyaux, tant il était sûr qu'il ne pourraient s'en échapper.Pendant près de 25 ans, les Shimshali ont cru dur comme fer à un rêve : désenclaver leur vallée en construisant une piste. Être relié au monde,accéder à un certain niveau de modernité, telle fut leur obsession. Alors que toutes les localités du nord du Pakistan bénéficiaient d'un accès routier, les Shimshali continuaient à s'éreinter sur leur sentier périlleux pour acheminer essence et biens de consommation. Ni électricité, ni téléphone : lorsqu’une personne était blessée ou malade, un volontaire devait gagner à pieds Passu pour appeler l'hélicoptère qui, hypothétiquement et si la météo était favorable, pouvait arriver à temps. En septembre 2003, le village a inauguré sa piste, symbole de la fin d'une époque et de l'ouverture tant attendue sur le monde. Quelques heures de Jeeps suffisent dorénavant à s'affranchir de la gorge et à découvrir, installée dans un replat miraculeux, la longue plaine alluvionnaire de Shimshal, entièrement cultivée. »

 

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous attendions tous avec impatience de pouvoir rejoindre la vallée de Shimshal point d'orgue
de notre voyage.

 

 

 

 

 

 

 


Jusqu'il y a encore cinq ans, la vallée de Shimshal était complètement isolée. Pour s'y rendre,
il fallait marcher trois à quatre jours avec une  caravane de yaks sur des sentiers escarpés et vertigineux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vallée est maintenant désenclavée par une piste à Jeeps. Il faut actuellement environ 
quatre à cinq heures de 4X4 pour rejoindre Shimshal.

 

 

 

 

 

 

 

Néanmoins ces quatre à cinq heures de Jeeps constituent encore un passage  « initiatique »,car
l'étroitesse  des chemins et les profonds ravins qu'ils longent  sont vraiment impressionnants et 
constituent une sorte d'épreuve qui fait qu'il faut encore mériter à l'heure actuelle d’ arriver à Shimshal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La récompense est au bout de cette piste difficile lorsque la vallée s'élargit et que les premiers signes d'habitation et de cultures apparaissent.

 

 

 

 

 

 

 

C'est un réel privilège que de pouvoir accéder à ce lieu magique et de se rendre compte que l'homme a cette capacité extraordinaire de pouvoir s'installer dans des lieux vierges, de s'y adapter en parfait équilibre avec la nature et ses cycles et d'y vivre en harmonie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Patrick s'est très rapidement "Shimshalisé".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les Shimshali sont aujourd'hui partagés entre deux mondes : la vie traditionnelle qui se perpétue autour des alpages, immuable, difficile, usante, et la modernité qui, avec la construction de la piste, apporte les rudiments du confort. Progressivement, l'électricité est arrivée dans chaque foyer, fournie par une microcentrale qui fonctionne uniquement l'été, quand l'eau des torrents est libre. Un tracteur et une batteuse, acheminés en pièces détachées par hélicoptère, ont radicalement changé le travail agricole, allégeant labour, récoltes et vannages. Enfin, la piste supprime le labeur des portages qui cassaient le dos des hommes. »

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"En raison de son habitat dispersé, l'ambiance de Shimshal est particulière. Ici, pas de Rue, mais un labyrinthe de canaux d'irrigation entourant les parcelles de blé, qu'il faut suivre pour aller d'un point à l'autre. »

Géraldine Benestar et Pierre Neyret 
Hautes vallées du Pakistan
Editions: Vision de Montagnards 

 

 

 

 

 

 

 

Notre séjour à Shimshal nous  paraîtra bien évidemment trop bref, tant il y a de possibilités de randonnées. Il est évident que si ,un « marcher pour progresser » s'organise  un jour au Pakistan, Shimshal et ses environs prendront une place importante au programme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour à Islamabad par la karakoram Highway

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant deux jours, notre retour par la Karakoram Highway s'est transformé en atelier improvisé 
de « lâcher prise » , une seule injonction a prévalu : « S’en remettre et faire confiance aux chauffeurs 
et si besoin, fermer les yeux ! ».

 

 

 

 

 

 

 

Les règles de la conduite et donc de la survie sur La Karakoram Highway sont très simples et s'énoncent en une seule phrase : « S’écarter devant plus gros que soi ! ».- la camionnette s'écarte devant le camion.


- la voiture s'écarte devant la camionnette.
- la moto s'écarte devant la voiture.
- le vélo s'écarte devant la moto.
 -le poulet s'écarte devant le vélo.

 

 

 

 

 

 

En principe cela fonctionne étonnamment bien,... Quoique parfois !?!…

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons perdu plus de deux heures sur le chemin de retour à cause d'un éboulement qui a coupé la 
KKH , comme cela arrive souvent à cette saison où les pluies ravinent la route et fragilisent les parois 
desquelles les rochers peuvent se détacher facilement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Il y avait quelque chose d’un peu inquiétant pour nous dans cette situation inhabituelle 
qui fait pourtant le quotidien des routiers de la KKH .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre retour s'est déroulé sous la pluie dans l'ambiance très particulière des villes pakistanaises sous la
 pluie de la mousson.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est dans la  ville de Besham que nous passerons notre dernière nuit , sous très bonne garde, avant de reprendre la KKH pour rejoindre Islamabad et clôturer ainsi cette superbe reconnaissance de 'Marcher pour progresser 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion.

Cette reconnaissance avait pour but d'étudier sur le terrain la possibilité d'organiser au Pakistan du Nord un futur stage de « Marcher pour progresser ».
Plus habitué par le milieu saharien pour l’organisation de mes stages , il était indispensable de que je m’y rendre personnellement avant d’y inviter du monde . 
Pour cette reconnaissance, Tamera nous a proposé un voyage qui fait partie de son catalogue habituel. Ce voyage était particulièrement bien équilibré en ce qui concerne les temps de randonnées, les temps de liaisons et les temps de visites culturelles.
Le hasard a bien fait les choses. Paradoxalement, nous avons bénéficié au début de notre voyage de la coupure de la Karakoram Highway qui nous a permis grâce à la réaction de Tamera et de notre réceptif au Pakistan de vivre une extraordinaire aventure en traversant en Jeeps pendant deux jours et plus de 25 heures de pistes et de routes défoncées la région sinistrée par le tremblement de terre de 2005 de l'Indus Kohistan, à travers la Kaghan vallée et le col de Babusar , avant rejoindre l'itinéraire initialement prévu par le programme sur la KKH à Chilas . Même si nous sommes arrivés épuisés à Karimabad, le jeu en valait vraiment la chandelle.
Le principe du voyage pour cette reconnaissance était de suivre la KKH du sud au nord et de découvrir en randonnée trois vallées situées dans l'axe est-ouest ,et donc perpendiculaires à la KKH, le long de la rivière Hunza, de la rivière Chapursan et de la rivière Shimshal.

 


Comme vous avez pu en juger sur les photos de cette page web, les trois vallées, très différentes, méritent les efforts consentis et méritent aussi que l’on puisse y passer un peu plus de temps sac au dos.
Si un prochain « Marcher pour progresser » s'organise au Pakistan, j'aimerais pour ma part passer un peu plus de temps de marche dans la vallée de Chapursan et aussi proposer de faire la marche d'approche de trois ou quatre jours vers Shimshal, pour ensuite découvrir sur les hauteurs de cette vallée les pâturages d'altitude où les femmes, les enfants,et les troupeaux de chèvres, de moutons et de yaks passent l'été. 

En ce qui concerne le Pakistan du nord et ses habitants ,pour la plupart ismaéliens, nous n'avons qu'à nous louer et de leur gentillesse et de leur accueil. Nous nous sommes toujours sentis en parfaite sécurité chez les Hunzas.(malgré les événements concomitants de la mosquée rouge qui se déroulaient à Islamabad).
Pour parler de nos amis les Hunzas , je préfère céder la parole à Estel…

 

 

 

 

 

 

 

 

Le message d'Estel

 

 

      
Le 7 Août 2007, Souvenirs de la Hunza



De retour depuis 15 jours, la tête encore là bas…Dans cet ailleurs qui nous a si chaleureusement accueilli…Montagnes majestueuses entourant tendrement des vallées verdoyantes et pleines de vie…Comme dans un cocon nourricier, je me suis sentie nourrie, portée, grandie.Quelle belle symbolique que celle de s’enfoncer toujours plus avant, vers des vallées de plus en plus profondes, quasi inaccessibles, par des routes tortueuses (torturées ?) où il n’y a de place que pour le lâcher prise et la confiance…. Et où tout au bout, s’ouvre l’Eden….  
  Les Hunzas nous ont fait les dépositaires d’un message… « vous leur direz ? »…Attristés de la mauvaise presse du Pakistan, ils lancent un message d’amour et de fraternité au travers de leur culture Ismaélienne qui prône un Islam au service des hommes et de la société.Les jeunes sont fiers de nous dire qu’ils étudient (garçons comme filles) et que c’est par, d’une part l’instruction et d’autre part le développement des vertus morales, qu’ils feront avancer leur pays. 

Estel Camera



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La vallée des immortels 

"redécouvrir les Hunzas "

Hélène Laberge 

Source : http://www.simplicitevolontaire.org


Ceux qui s'intéressent au développement durable, à l'environnement, à l'alimentation et à la santé ne pourront que se réjouir de découvrir ou de redécouvrir les Hunzas grâce à ce texte d'Hélène Laberge, qui est la refonte d'un court article paru dans le numéro 13 de la revue Critère, en 1975 


Extrait 


Le docteur McCarrison ne s'est pas contenté de décrire les Hunzas comme une race «unsurpassed in perfection of physique and in freedom from disease in general», il a dressé la liste des maladies dont ils étaient exempts; cancer, ulcère gastrique ou duodénal, appendicite, colique. 


Texte 


À la mémoire du Dr Henri F. Ellenberger, auteur d’une Histoire de la psychiatrie considérée comme l’étude la plus achevée dans ce domaine, auquel nous devons de nous avoir mis le premier sur la piste de cette Vallée des Immortels.

La vallée des Hunza, cette enclave jadis inaccessible au pied des pics rocheux du Karakoram, est apparue aux premiers explorateurs éblouis comme une représentation mythique du Paradis terrestre, un Shangri-la, l’incarnation par tout un peuple du rapport idéal de l’être humain avec la nature.
«Le peuple hunza a été obligé d’adopter un type d’agriculture plus près du jardinage que de l’exploitation agricole avec comme résultat des récoltes de fruits et de légumes d’une qualité telle qu’aucune autre forme de culture ne saurait obtenir. C’est la récompense qu’ils reçoivent pour la façon dont ils retournent intégralement au sol tout ce qu’ils en ont tiré. Les Hunzakuts traitent leurs terres comme un cadeau particulier de Dieu qu’il faut chérir et préserver en lui donnant les soins nécessaires. Cela suppose évidemment un labeur quotidien qui est aussi une source de joie et dont les dividendes sont une nourriture excellente, une longévité incroyable, une santé parfaite et une vie remplie.» (1)

Repères géographiques
Il ne faut pas confondre le Karakoram, massif montagneux du Cachemire, avec l’Himalaya. Les explorateurs des Hunzas les situent souvent dans l’Himalaya. En fait, les pics rocheux du Karakoram, parmi les plus élevés du monde (jusqu’à 8000 mètres) s’élèvent entre l’Himalaya et l’Indus (fleuve de l’Asie méridionale qui s’étend sur 3040 kms) et à proximité de l’Hindou Kouch, une chaîne de montagnes au nord de l’Afghanistan. Située à une altitude variant de 1,600 à 2,400 mètres, aux confins de l'URSS, de la Chine, de l'Afghanistan, du Pakistan et de l'Inde, la vallée s’étend sur une distance de 160 kms environ. Près de 25,000 Hunzas y vivent, 35,000 si on englobe leurs voisins, les Nagirs, implantés sur l’autre versant de la vallée.

Qui sont-ils ?
Une tradition orale attribue l'origine des Hunzakuts (nom qu’ils préfèrent à celui de Hunza) à trois soldats d'Alexandre le Grand qui auraient épousé des femmes perses, il y a près de 2000 ans. Les Hunzas sont grands, ils ont la peau claire et l'aspect physique des anciens Grecs. Ils ont été à la fois nomades et sédentaires. Guerriers redoutés, ils utilisaient comme armes l'arc et le sabre. Les caravanes qui devaient emprunter les pistes passant sur leur territoire payaient des redevances au Mir (roi des Hunzas) pour assurer leur sécurité. Ce brigandage prit fin lorsqu'en 1891 les Hunzas passèrent sous la domination des Britanniques.(Ils appartiennent à l’heure actuelle au Pakistan.)

Origine de leur nom
«Ils sont unis comme des flèches dans un carquois». Les Girkis ont été tellement frappés par cette cohésion sociale des Bouroushos qu’ils ont appelé Hunza, flèche en bouroushaki, toute la vallée où habite ce peuple.
Les Hunzakuts étaient auparavant appelés «Bouroushos» à cause de leur langue, le bouroushaski, qu'ils sont les seuls à parler, avec leurs voisins les Nagirs qui, par ailleurs, ne leur ressemblent pas. Leur langue intrigue les linguistes, car elle ne se rattache pas aux langues indo-européennes que parlent les peuplades avoisinantes. L'hypothèse la moins invraisemblable est celle qui la rattache aux langues caucasiennes. Mais on soutient également qu'elle aurait des ressemblances avec la langue basque. Quoi qu'il en soit, c'est d’après les connaisseurs, une langue d'une richesse luxuriante, aux nuances infinies.

Un régime autarcique
C’est par leur mode de vie entièrement autarcique que les Hunzakuts ont le plus attiré l’attention de leurs visiteurs. Dans cette vallée montagneuse, à force de charroyer au cours des siècles des pierres et de la terre, ils ont aménagé des jardins en terrasses et pour les arroser, un prodigieux système de canalisation de pierre qui leur permet de recueillir les eaux de fonte des glaciers. Ces tranchées amènent directement l’eau à chaque jardin. Une loi très stricte règle l’utilisation de cette eau: c’est seulement à certaines périodes bien définies que chaque propriétaire peut arroser son jardin et il gère le flot grâce à une pierre qu’il déplace selon ses besoins. Les Hunzas savent par expérience qu’il ne faut pas noyer le sol sous peine de le priver de ses nutriments et ils surveillent scrupuleusement la quantité d’eau qu’il peut absorber. Plus haut dans la montagne, ils ont aussi creusé une citerne qui leur sert de réserve en cas de disette. De longues périodes de temps nuageux peuvent causer une disette d’eau en suspendant l’effet du soleil sur la fonte des glaciers. Il tombe en moyenne 5 cm d’eau par année dans cette vallée qui est orientée de telle façon qu’elle est fortement exposée au soleil; par contre, selon les témoignages recueillis par John H. Tobe (2), on observe depuis des décennies une fonte plus importante des glaciers.
Ces eaux ont une très grande richesse minéralogique et les savants qui se sont intéressés à la longévité exceptionnelle de ce peuple considèrent qu’elles sont l’un des éléments importants, non seulement de la régénération des sols, mais aussi de la santé des Hunzas qui la boivent. Tobe la décrit comme étant trouble et d’une couleur indéfinissable, en raison de la quantité de minéraux qu’elle contient. Le même Tobe avait toutefois remarqué que, lors des repas pris chez le Mir, on servait aux visiteurs une eau limpide provenant d’une source mais que le Mir lui-même ne buvait que l’eau des glaciers.
Outre leur eau, la nourriture que consomment les Hunzakuts a fait l’objet de nombreuses recherches. Ils vivent en totale et parfaite autarcie et tirent toute leur subsistance de leurs produits agricoles, de leurs animaux et de quelques plantes sauvages. Ils cultivent principalement les arbres fruitiers dont les fameux abricotiers qui assurent la base de leur alimentation. Également, les pommiers, les poiriers, les noyers ainsi que quelques vignes. Ils sèment des céréales: sarrasin, orge, mil et luzerne mais surtout le blé, avec lequel ils fabriquent le pain sans levain, le chappati. Comme ils ne font pas de réserves de farine, les grains qu’ils utilisent sont moulus sur pierre au jour le jour. Tobe a aussi visité des moulins à farine plus importants, destinés à tous les habitants d’un village. Les résidus servent à nourrir les animaux et à fertiliser les sols. Quant à leurs légumes, ils sont analogues aux nôtres: carotte, chou épinard, chou-fleur, pois, tomate, radis, pomme de terre, navet, haricot, oignon, citrouille, melon. Un autre trait important, c'est que leurs arbres fruitiers sont exempts de maladies et d'insectes et que, par conséquent, bon an, mal an, les fermiers sont assurés d'une production sinon toujours abondante du moins constante.
Les abricots forment l’essentiel de la nourriture des Hunzas (voir leur alimentation); les voyageurs ont tous décrit leur émerveillement devant ces terrasses où les fruits mis à sécher au soleil forment de grandes nappes de couleur orangée.
Ils font aussi de l'élevage: ils ont surtout des vaches, des chèvres et des yaks. Le lait de ces animaux est converti en beurre, un beurre qui ressemble plutôt à un fromage qui a la particularité de se conserver pendant des mois, sinon des années, grâce à un procédé de conservation rustique et efficace: enveloppé d’écorces de bouleaux, il est réfrigéré dans les eaux froides en provenance des glaciers. Ils clarifient également ce beurre à qui ils donnent le nom de ghee en le chauffant un peu et le consomment sur leurs chappatis. Leurs terres ne sont pas assez abondantes pour leur permettre un élevage intensif. Ils consomment donc peu de viande, et seulement au cours de leur hiver rigoureux. Le régime autarcique des Hunzas ne se limite pas à leur alimentation. Ils tirent tous les produits nécessaires à leur subsistance de leur environnement. Ils tissent la laine des moutons et celle des yaks, très recherchée pour sa finesse et sa solidité, et font des étoffes d'une grande variété de couleurs et des tapis qui ont la réputation de durer cinquante ans! Ils pratiquent aussi tous les métiers: ils sont menuisiers, forgerons, cordonniers; ils fabriquent des chaussures parfaitement adaptées aux pistes de montagnes et au climat à partir des peaux de leurs animaux, dont toutes les parties sont utilisées. Dans le passé, même les cornes des yaks leur servaient à creuser le sol.

Gestion du sol
Les jardins des Hunzas, on l’a vu, ont été créés de toutes pièces au fil des siècles. Étant donné leur surface limitée, c’est seulement par une gestion constante et rigoureuse et surtout par une conformité aux exigences de la nature qu’ils ont pu éviter d’épuiser le sol. L’expérience leur a appris qu’il faut rendre rigoureusement à la terre ce qui lui appartient et ce qu’on a tiré d’elle. Ils sont desservis par l’impossibilité d’accroître les surfaces cultivables mais bien servis par la qualité minéralogique des eaux en provenance des glaciers. Ils pratiquent la rotation des cultures et engraissent le sol avec le fumier de leurs bêtes. Ils savent que où que ce soit dans l’univers, c’est la santé du sol qui fait la santé des humains. Tobe a observé que les Hunzas font des kilomètres à la recherche de plantes ou d’herbe pour nourrir leurs animaux; toute matière organique trouvée au cours de leurs périples est épandue dans leurs champs. Contrairement aux usages des Occidentaux, ils ne font pas de tas de fumier mais l’épandent entre les récoltes. Quant au fumier humain, dont on sait qu’il est largement utilisé dans divers pays orientaux, les Hunzas pour leur part le gardent dans une fosse soigneusement recouverte et ne le retournent dans la terre qu’après un an ou deux.

Une beauté contemplée
Aucune étude ne pourra sans doute jamais établir la preuve de l’influence de la beauté d’un paysage ou d’un lieu sur l’équilibre psychologique et physiologique des individus. Et pourtant, il est incontestable que la magnificence des montagnes qui surplombent la vallée des Hunzas est un élément essentiel de leur identité et de la santé qui en découle. Le père de l’écologie contemporaine, René Dubos, considérait cette imprégnation par la beauté comme un élément aussi fondateur de leur santé que leur alimentation…
Toutes leurs maisons jouissent de la vue la plus sublime qui soit, de l’avis de tous les visiteurs et explorateurs, celle de la montagne Rakaposhi d’une hauteur de 25 mille pieds (8 mille mètres), l’un des multiples pics de ce Toit du monde. John H. Tobe nous la présente ainsi: «Se détachant sur un fond de ciel bleu, elle semblait un bijou précieux dans un écrin magnifique. J’ai alors compris pourquoi les humains qui ont eu le privilège de la voir la considèrent comme la plus belle des montagnes du monde, la plus majestueuse, la plus éblouissante dans sa blancheur éclatante; je ne connais aucune autre montagne qui puisse rivaliser avec elle.»

Leur alimentation
Venons-en à leur alimentation, qui passionne ceux qui les approchent. Elle a plus ou moins influencé les nutritionnistes en Occident, car tout en étant frugale et pratiquement dénuée de protéines animales, elle nourrit depuis des siècles un peuple que certains médecins n'hésitent pas à décrire comme «libre de maladie». Cette alimentation ne prend son sens que si on la situe dans l’ensemble de leur vie, qui est soumise étroitement aux rythmes de la nature et aux rites de leur religion. Ils sont musulmans de la secte d’Ismaël, et leur conception de cette religion est réaliste et étrangère aux excès du fondamentalisme. La prière du lever, qui a lieu pour les Musulmans vers 4 heures du matin, n’est pas obligatoire; seuls les plus fervents se rendent à la mosquée. Mais tous travaillent au champ dès l’aurore. Les enfants accompagnent les parents et sont initiés dès leur jeune âge au travail de la terre. Les repas sont peu abondants et fréquents. Le déjeuner consiste en un bol d’abricots frais ou bouillis avec des céréales et accompagné de chappatis.
Vers 10 heures, même régime auquel s’ajoutent des légumes frais ou bouillis. Le chef de famille a droit à 2 chappatis, les autres membres de la famille à un seul. Entre 13 heures et 14 heures, autre repas constitué cette fois d’abricots secs attendris dans de l’eau l’hiver, ou d’abricots frais l’été. Et enfin, entre 17 et 19 heures, un repas plus substantiel comprend, outre les chappatis, des légumes et en saison, des fruits variés, prunes, pêches, poires, pommes ou abricots frais. Ils tirent des amandes de l'abricot une huile qu'ils utilisent de nombreuses façons, pour frire certains mets, s’éclairer, protéger leur peau et leurs cheveux, etc. Ils ne consomment pratiquement pas de viande, sauf pendant le mois de décembre, au cours duquel ils tuent un ou deux moutons. C'est pendant ce mois d'hiver qu'ils boivent, bien que musulmans, un vin fabriqué à partir des mûres, une tradition qui se perd dans la nuit des temps.

Les chappatis
C’est un pain plat sans levain fait le plus souvent de blé ou d’un mélange des autres grains cultivés et dont les Hunzas font la mouture au moment même de le fabriquer. La céréale est ensuite pétrie avec de l’eau, roulée en mince galette et à peine cuite. Ils les servent avec du beurre fondu, le ghee et ces chappatis sont délicieux, de l’avis de ceux qui les ont goûtés.

Évaluation calorique
Aux États-Unis, les Américains, tous âges confondus, consomment en moyenne 3,300 calories par jour, comprenant entre autres 100 grammes de protéines, 157 grammes de gras et 300 grammes d’hydrates de carbone. Chez les Hunzas, d’après les études faites par des médecins pakistanais, les adultes mâles consomment environ 1900 calories par jour, soit 50 grammes de protéines, 36 grammes de gras et 354 grammes d’hydrates de carbone. Les protéines et le gras sont essentiellement d’origine végétale. Les hydrates de carbone qu’ils consomment proviennent des fruits, des légumes et des céréales. En Amérique, le sucre blanc et la farine raffinée sont les principales sources des hydrates de carbone. (Dr Alexander Leaf, National Geographic, janvier 1973.)

Une expérience inspirée par l’alimentation des Hunzakuts
McCarrison (3), chirurgien à Gilgit de 1904 à 1911, fut à ce point frappé par l'alimentation des Hunzakuts et par leur extraordinaire condition physique qu'il se livra en 1927 à l'expérience suivante: il prit des rats albinos et leur donna un régime alimentaire correspondant au régime habituel des Hunzas. Ce régime comprenait le pain complet déjà décrit, des carottes crues fraîches, du chou cru frais, des légumineuses, du lait cru et une minime portion de viande avec des os une fois par semaine seulement, de l'eau en abondance tant pour boire que pour se laver. Résultat: la maladie fut vaincue. Les rats s'étaient «hunzarisés». Il ne subsista aucune maladie véritable si ce n'est, occasionnellement, des vers.
À un second groupe de rats, McCarrison administra le régime de peuplades pauvres du Bengale et de Madras: du riz, des légumes, des condiments, un peu de lait. De nombreuses maladies se développèrent dans tous les organes, excepté le foie et le cerveau.
Enfin, un troisième groupe absorba le régime des classes pauvres d'Angleterre, pain blanc, margarine, thé sucré, légumes bouillis, viandes de conserve, confitures de nième ordre. Les rats furent atteints de ce que McCarrison appela «rat neurasthenia»: ils étaient malheureux ensemble et, au bout de 16 jours, ils tuèrent et mangèrent les plus faibles d'entre eux.

Un peuple libre de maladies ?
Le docteur McCarrison (4) ne s'est pas contenté de décrire les Hunzas comme une race «unsurpassed in perfection of physique and in freedom from disease in general», il a dressé la liste des maladies dont ils étaient exempts; cancer, ulcère gastrique ou duodénal, appendicite, colique. Il a remarqué qu'ils n'ont pas de sensibilité de l'abdomen aux impressions des nerfs, à la fatigue, à l'anxiété, au froid. Ils ont, poursuit-il, «une santé abdominale parfaite contrastant avec celle de nos colonies hautement civilisées.»
Cinquante ans plus tard, en 1960, Tobe, en visite chez les Hunzas, compléta cette liste d'après le témoignage d'un autre médecin, allemand cette fois, qui déclara n'avoir relevé aucun cas de pierre à la vésicule, de calculs rénaux, de maladies coronariennes, d'hypertension, de lésions valvulaires, de déficience mentale, de polio, d'arthrite, d'obésité, de diabète et d'insuffisance thyroïdienne. Tobe déclare aussi n’avoir jamais rencontré une personne handicapée dans les villages visités. Enfin, le Dr Alexander Leaf, en examinant quelques vieillards, a toutefois remarqué la présence d'infarctus du myocarde et de toutes sortes de maladies cardio-vasculaires mais qui étaient restées inaperçues du patient.
Ce portrait idyllique de la santé des Hunzakuts est-il un portrait embelli? Est-il exact qu’ils soient exempts de toutes les maladies? Les visiteurs récents redoutent pour eux le contact avec le monde extérieur dont ils étaient préservés jusqu’à maintenant par leur situation géographique et … leur forte identité.
D’après leurs témoignages, les Hunzas restent pour le moment fidèles à leur alimentation, mais ils ont remplacé l'huile d'abricot par de la margarine et le sel brut par du sel raffiné qu'ils importent. Depuis ce changement, on constate chez les jeunes des cas de carie dentaire et surtout de goître. Il semble qu'en remplaçant le sel brut fourni par les minerais de la montagne et contenant des sels minéraux divers, les Hunzas se sont privés d'une source d'iode qui les avait maintenus jusque-là à l'abri des maladies thyroïdiennes. Ce sel provenait d’une région, le Shimshal, où les Hunzas le recueillaient depuis des centaines d’années. Mais à son état naturel, il contenait beaucoup d’impuretés et était moins savoureux que le sel raffiné. Si pour le moment les Hunzas sont exempts des maladies attribuées à la civilisation, ils sont sujets à des infections de la peau, des fièvres, et de la dysenterie, cette dernière étant peut-être attribuable, suggère Tobe, à la présence des minéraux contenus dans l’eau qu’ils consomment, mais sans qu’il ait pu le vérifier. Ils ne sont pas exempts non plus de la mortalité infantile. Ils souffrent vers la fin de leur vie de troubles pulmonaires, particulièrement les femmes âgées, et de maladies oculaires causées dans leurs maisons par la fumée des feux ouverts qui s’échappent par des trous de forme carrée dans leur toit, car ils ignorent les feux fermés. Par contre, des oculistes ont constaté que les Hunzakuts qu’ils ont pu examiner jouissent tous d’une vision parfaite.

Longévité
Les Hunzakuts sont renommés pour leur longévité. Faute d’archives, il n'est pratiquement pas possible de dénombrer la quantité exacte de vieillards et leur âge. En revanche, dans un des villages où il a passé plusieurs semaines, Tobe a dénombré 12 hommes de plus de cent ans et 100 de plus de quatre-vingt-dix. Ces vieillards ont une vie sexuelle active bien au-delà de 75 ans comme en font foi les enfants issus de remariages tardifs. Ils mènent une vie normale, s'occupant de leurs cultures et parcourant de longues distances sur leurs pistes de montagne.
On a attribué la santé et la longévité des Hunzakuts à leur alimentation et à la richesse minérale de leur eau. Mais dans l’étude passionnante qu’il leur consacre, Tobe qui a de la santé une conception toute hippocratique, à savoir que la santé est le résultat d'un harmonieux équilibre de vie, a aussi porté une extrême attention à tous les autres facteurs de l'existence des Hunzas, au climat, à l'altitude, à l'agilité et à l'endurance qu'ils ont dû développer pour survivre dans ce pays où la concentration de montagnes est la plus importante du monde.
Il a, quant à lui, été fasciné autant par la souplesse de leur démarche que par leur résistance à l’effort: «ils détiennent, écrit-il, le secret de marcher sans perdre d’énergie de sorte que quelle que soit la distance parcourue et l’altitude où ils se trouvent, ils ne sentent pas le besoin de faire des haltes. Leur démarche est aisée, gracieuse, agile; leur corps est parfaitement droit; ils tiennent la tête haute et maintiennent cette attitude où qu’ils soient. On ne les voit jamais s’affaler par terre ou s’avachir.»
Ils ont un sens exceptionnel d’équilibre. L’absence de vertige se manifeste très tôt chez les enfants. Les Hunzas utilisent pour traverser leur rivière ou des précipices d'une grande profondeur ces ponts de corde propres aux pays montagneux. Même les femmes traversent ces ponts extrêmement instables (une terrible épreuve pour les explorateurs étranegrs qui s’y sont aventurés), en portant un enfant dans leurs bras, avec une légèreté et une aisance impressionnantes. Il faut souligner que les enfants sont habitués très tôt à circuler pieds nus.
Les témoignages sur l’endurance des Hunzas de tous âges abondent. Jean et Franc Shor (5), reporters au National Geographic Magazine, citent le cas qui n’est pas exceptionnel, disent-ils, d'un Bourousho de 78 ans qu'ils ont vu parcourir 65 milles en 24 heures sur des pistes de montagne très périlleuses. En d’autres circonstances, Franc Shor a participé à une chasse aux moutons qui a conduit les chasseurs à 15,000 pieds d'altitude sur des sentiers abrupts où ils se déplaçaient trois fois plus vite que lui et sans montrer la moindre trace de fatigue. Enfin, lorsque des Hunzas se trouvent parmi les porteurs au cours d’une expédition, ils se démarquent des autres par leur extraordinaire endurance et le rythme rapide de leur ascension.

Maternité
En ce qui a trait aux femmes, Tobe a recueilli des témoignages prouvant qu'elles accouchent avec beaucoup de facilité. Elles s’abstiennent de tout travail dur pendant les premiers temps de la grossesse mais reprennent un rythme de travail constant au champ avec le reste de la famille jusqu'à l'accouchement, car une croyance populaire veut que plus la femme enceinte travaille fort, mieux se déroule l'accouchement et en meilleure santé se trouve le nouveau-né. La mère retourne travailler la terre peu de temps après l’accouchement. Les enfants sont nourris au sein pendant près de trois ans, s’il s’agit de garçons, deux ans si c’est une fille.

Organisation sociale
À l’époque où il était le chef religieux et politique des Hunzakuts, le Mir fit remarquer à des visiteurs occidentaux (les Shor) qu'il avait eu très peur lorsqu'un Hunza avait cru découvrir une mine d'or. Comme ils s'étonnaient de cette réaction, le Mir poursuivit: «C'eût été la fin des Hunzas et de leur way of life. On nous laisse tranquilles parce que nous ne possédons rien qui fasse envie aux autres. Si nous étions riches, n'importe quel pays trouverait un prétexte pour nous envahir afin de nous protéger.» Il faut savoir que ce peuple ne connaît aucune des structures qui semblent aller de soi dans les autres pays: il n’existe aucune forme d’administration; pas d’impôt à payer, pas de système de santé, pas d’assurance, pas d’argent. Qu’en est-il depuis que les Hunzas sont maintenant administrés par le gouvernement du Pakistan de l’Ouest? Les jeunes Hunzakuts quittent leur région pour s’engager dans l’armée pakistanaise. Alors que dans les années 1960, les étrangers n’étaient admis à visiter la vallée que par une invitation personnelle du Mir, les restrictions ont été adoucies; avec la construction de la route Karakoram, les Occidentaux ont maintenant accès aux villages hunzas. Et la résidence du Mir disparu a été convertie en hôtel.
Ils avaient été jusqu’à tout récemment gouvernés par ce Mir, sorte de roi dont la dynastie remontait à six cents ans. Maintenant décédé, ce Mir avec qui Tobe avait lié amitié, était assisté d'un Conseil d'Anciens composé de douze personnes, dont la moitié était recrutée parmi les vieillards du royaume, ce qui représentait une moyenne d'âge de 80 ans et plus. Chaque tribu hunza, au nombre de cinq, était gouvernée par un maire en communication constante avec le Mir. En cas de litige grave, c'était le Mir qui servait de juge et il pouvait soit rendre son verdict seul, ou consulter ses conseillers dont le jugement était alors définitif. De son côté, la femme du Mir rencontrait chaque jour un groupe de femmes pour discuter des problèmes de la population féminine. Le fils du Mir a toutefois confié à un visiteur récent que les Hunzakuts ne se considèrent pas comme faisant partie du Pakistan.
La principale richesse des Hunzas étant la terre, une loi stipule qu'elle ne peut être transmise qu'au fils. Par contre, la fille peut hériter d'autres biens et recevoir en dot un arbre fruitier du verger de ses parents. Cet arbre lui appartient toute sa vie: elle l'entretient et en cueille les fruits.
Bien que les Hunzas soient de religion musulmane, leurs femmes ne sont pas voilées. Elles sont libres d'aller et venir et ont part aux décisions du ménage au même titre que leur mari. Les parents choisissent le conjoint dans une des tribus hunzas (les mariages entre proches sont interdits) mais l'enfant a le droit de s'opposer à leur choix. Le divorce est rarissime.

Éducation
En 1934, pour célébrer le centenaire de sa dynastie en Inde, l’Aga Khan a doté le peuple hunza de son système scolaire actuel. Cela fait des Hunzakuts un peuple aussi éduqué, sinon plus, que leurs voisins du Pakistan ou de l’Inde. Les écoles sont gratuites et ouvertes aux filles aussi bien qu'aux garçons.

Traits culturels
Nous ne pouvons que citer Tobe à ce sujet: «Les Hunzakuts ont de magnifiques dispositions. Ils sont spirituels, souriants et pleins de gaieté. Ils ont un profond respect pour l’autorité (celle du Mir), un amour profond de leur terre, de l’affection, de la compassion et de la compréhension à l’égard de leurs voisins et sont d’une grande hospitalité à l’égard des étrangers. Ils gardent la tête haute, sont forts, honnêtes et rompus au travail. J’ai appris à leur contact que les humains peuvent vivre et que la culture du sol peut très bien réussir sans chimie, fertilisants chimiques, médicaments et médecine synthétiques.»
En fait, et pour résumer, ils étaient jusqu’à tout récemment à l’abri du système technicien qui a envahi dans le reste du monde tous les domaines de la vie humaine.

La route du Karakoram
Les Chinois et les Pakistanais ont construit il y a une vingtaine d’années une route, le «Karakoram Highway», qui s'étend depuis la province de Sin-Kiang jusqu'à Gilgit, donc au cœur de la Vallée des Hunzas, à travers le Pakistan Nord. Cette route devait devenir une des artères commerciales les plus importantes d'Asie. Qu’en est-il réellement? Elle permet maintenant d’accéder plus facilement au pays des Hunzas mais elle est constamment détruite en certaines de ses parties par les éboulements de pierres; une équipe permanente la répare. On dit aussi de cette route que chaque mille arraché à la montagne a coûté une vie humaine. On peut à l’heure actuelle se rendre en autobus de Gilgit jusqu’à Baltit, la minuscule capitale du pays hunza.

Leur habitat
Les Hunzakuts habitent dans des maisons de deux étages et qui ont conservé «l'atrium» de la tradition antique. Ils vivent au rez-de-chaussée l'hiver. Le 21 mars, toute la population déménage au premier où se trouve un balcon. Un proverbe hunza dit: «Mieux vaut une maison sans toit qu'une maison sans balcon», car ce balcon est orienté vers les paysages grandioses des pics rocheux du Karakoram et particulièrement sur le magnifique Karakoshi. L'été, les Hunzas vivent dans la cour.
Ces maisons, dont une partie bien isolée sert d'abri pour les animaux, sont cependant libres de toute vermine. Chacune possède une espèce d'entrepôt qui sert à la conservation des fruits et des légumes. Une petite partie des provisions de chaque famille est mise en réserve pour les membres de la communauté locale qui manqueraient de nourriture avant la fin de l'hiver. Notons que la chose se produit fréquemment et que les Hunzakuts connaissent «le printemps de la faim», une espèce de carême imposé par la nécessité; d'où le strict dosage de la nourriture tout au cours de l'année. C’est le pays du just enough comme le faisait remarquer en 1960 le Mir à John H.Tobe.
Enfin, les lieux d'aisance sont décrits comme étant d'une propreté remarquable. Et l'eau potable en provenance des glaciers est conservée dans des citernes recouvertes.

Rites et fêtes
Les Hunzas ont (ou avaient ? nous n’avons pas trouvé de données récentes à ce sujet) quelques fêtes d'une haute qualité artistique. Ces fêtes suivent le cycle des saisons et ont lieu à l'époque des semailles, festival de Bopfau, et de la récolte du seigle, festival de Genani. La fête de Bopfau a lieu le 6 février: à l’époque du Mir, ce dernier inaugurait alors la saison des labours en ensemençant lui-même trois sillons d'un champ avec des grains d'orge que les autres fermiers s'appropriaient ensuite pour les mélanger aux leurs. Ce rite assurait, croyaient-ils, la fertilité du sol. La danse des sabres, à laquelle ne participent que les hommes, a été décrite comme un spectacle très haut en couleurs. Mais c’est le jeu de polo qu’ils ont adopté sous la domination anglaise qui donne lieu aux rassemblements les plus marquants. «Le polo est une passion dans nos régions, disait au journaliste Stanley Stewart le fils de l’ancien Mir revenu vivre dans son pays d’origine après une carrière dans l’armée pakistanaise. C’est un substitut à la guerre.» Tobe en donnait une description dans les années 1960 qui correspond tout à fait à celle du journaliste Stanley Stewart (6): «Dans ce pays, les règles du polo sont réduites au minimum et le jeu ressemble rapidement à une bataille médiévale où la balle est pour le moins oubliée! Dans un nuage de poussière et de chevaux, les cavaliers se chargent les uns les autres en brandissant leurs bâtons comme des lances. Occasionnellement, ils font demi-tour et galopent à toute allure vers la foule dont les spectateurs s’éparpillent. Les chevaux sont les héros des jeux, couverts de sueur, ils galopent d’un bout à l’autre du champ et à une allure telle que par comparaison le polo anglais ressemble à une excursion de poneys pour enfants. Les musiciens font un tintamarre inaudible avec des flûtes glapissantes et des tambours tonitruants. La musique, soulignent les vieux, est destinée à soutenir l’intérêt des chevaux…» Le journaliste a ensuite été témoin des effets de la victoire d’un des clubs: «les musiciens se ruèrent alors dans le champ de polo en jouant sauvagement de leurs instruments, les gagnants se mirent à danser en cercle comme des supporters de football complètement ivres et les policiers se mirent à charger la foule en délire pour montrer leur participation à la fête! Et pendant que tout le monde était occupé à fêter, les magnifiques chevaux complètement oubliés s’engagèrent dans les rues conduisant à leurs étables, sur la pointe de leurs sabots.»
Faut-il ajouter foi à ce commentaire de Robert Harris Brevig: «Il est hélas douteux que le monde puisse avoir la possibilité de tirer bénéfice de l’exemple des Hunzas avant qu’ils ne succombent sous l’influence polluante dont ils seront la proie au fur et à mesure qu’ils seront absorbés par notre monde»
Leur isolement préservera-t-il leur humble et splendide paradis? C’est l’espoir exprimé par le fils du Mir à Stanley Stewart: «J’ai grandi ici et il me semblait alors que nous vivions au fond d’un puits profond dont je désirais m’échapper. Mais après avoir connu autre chose, ma perception a changé. Notre isolement n’est pas une privation. C’est une sorte de liberté. Nous n’avons pas à nous inquiéter du reste du monde.»
Et peut-être aussi les Hunzakuts seront-ils sauvés par cette joie de vivre qui avait tant frappé Tobe et qu’il décrivait ainsi: «Tout compte fait, qu’est-ce donc qui distingue les Hunzas qu’est ce qui les rend si différents de nous Occidentaux? La chose la plus simple mais aussi la plus fondamentale que j’ai découverte, c’est qu’ils trouvent leur joie et leur bonheur dans le simple fait de vivre, d’être en vie. Vivre, c’est essentiellement pour eux la plus grandiose, la plus importante et la plus fascinante des aventures de ce monde.»

Notes
(1) Robert Harris Brevig, Beyond our Consent. A History of Secret Power, Deception and Abandonment of Freedom in America, chapitre 3: «In Search of Ideal».
(2) John H. Tobe, Hunza. Adventures in a Land of Paradise, George J. McLeod, Limited. Publishers and publishers representatives , Toronto, (Ontario) 1960. Ce livre remarquable a été écrit dans une langue très vivante par un observateur canadien, à la fois rigoureux et dénué de préjugés, qui s’était lié d’amitié avec le Mir de l’époque.
(3) Dr Robert McCarrison, A Revolution in Outlook. The transference to Experimental Science.
(4) Sir Robert McCarrison, Studies of Deficiency Disease. Oxford Medical Publications, Hodder and Stonghton, London.
(5) Jean et Franc Shor, «At World's End in Hunza,» National Geographic Magazine, vol. 104, no 4, octobre 1953.
(6) Stanley Stewart, A kind of Freedom in Paradise.

Autres sources
Dr Alexander Leaf et John Lannois, «Search for the Oldest People», National Geographic Magazine, vol. 143, no 1, janvier 1973.
Sabrina et Roland Michaud, «Trek to Lofty Hunza - and beyond», National Geographic Magazine, vol. 148, no 5, novembre 1975.
«Hunza», Encyclopedia Britannica.
Ralph Bircher, Les Hounzas. Un peuple qui ignore la maladie. Trad. franç. de Gabrielle Gocet, Neuchâtel, Paris Attinger, 1943.
D. L. R. Lorimier, The Burushaski Language, Oslo, 1935.
E. O. Lorimier, Language Hunting in the Karakaram, Allen Unwin, London.
G. T. Wrench, The Wheel of Health, Daniel Co. London, 1938. 


 

 

 

 


Secrets de santé du peuple Hunza


Par François Pelletier

En fouillant dans une boutique de livres usagés, comme je le fais souvent, mon regard a été attiré par un livre particulier. Il s'agit de "Secret to Hunza Superior Health", Écrit en 1989 par Carl Classic. Je connaissais le peuple Hunza pour en avoir entendu parler brièvement lors de mes nombreuses lectures sur la santé. La lecture de ce livre m'a fasciné.

Je me propose ici de vous présenter brièvement le peuple Hunza, ainsi que les dix secrets qui leur ont permis de se maintenir dans une santé prodigieuse et ce, jusqu'Ã un âge avancé.
Si je désire en parler ici, sur un site voué à l'étude de la simplicité volontaire, c'est que j'ai découvert à la lecture de ce livre, que conserver une excellente santé est sans doute beaucoup plus simple qu'on essaie parfois de nous le faire croire.


Qui sont les Hunzas?

Les Hunzas sont un peuple qui vit dans les montagnes, au nord du Pakistan. Ils sont réputés pour ne pas connaitre la maladie, la fatigue ou les maux de tête. Ils vivent couramment jusqu'à plus de cent ans, maintenant leurs capacités physiques, mentales et sexuelles pratiquement intactes. A tout âge, ils travaillent, agissent et pensent comme lorsqu'ils avaient trente ans. 
Il n'est pas aisé de savoir ce qui est vrai et ce qui est légende concernant les Hunzas. Mais une chose est certaine, ils ont une longévité et une santé exceptionnelles, conditions suffisantes pour en faire un sujet d'étude intéressant. 
Pourquoi sont-ils tellement en santé?
D'abord, il est important de signaler que les habitudes de vie des Hunzas ne leurs ont pas été inspirées par les dieux et n'ont pas non plus été découvertes à force de recherches scientifiques. La condition de vie même dans laquelle se trouve ce peuple les a amené à agir comme ils le font, simplement, sans trop y penser. Vous comprendrez mieux ce dont je parle en lisant la suite.
Commençons donc, ensemble, l'exploration des dix facteurs clés qui expliquent la santé exceptionnelle des Hunzas. 
1. De l'air frais - L'air est un des éléments les plus vitaux à la survie de l'être humain. Sans air, nous ne pouvons survivre que quelques minutes. Les Hunzas ont la chance de vivre dans les montagnes, loin de toute "civilisation" susceptible de polluer leur air. La qualité de l'air qu'ils respirent chaque jour est donc exceptionnelle. Etant donné qu'ils vivent et travaillent majoritairement à l'extérieur, ils respirent chaque jour une grande quantité d'air frais et pur qui oxygène chacune de leurs cellules. Sans déménager à la campagne ou en montagne, nous pouvons nous assurer de respirer de l'air frais de deux façons: en passant du temps dans la nature le plus souvent possible, et en nous entourant de plantes! Les plantes sont reconnues pour leurs capacités de filtrer l'air de ses polluants. Ayez donc une abondance de plantes au bureau et à la maison. Ne vous gardez pas non plus pour ouvrir les fenêtres fréquemment afin de changer l'air vicié de l'intérieur pour du nouvel air bien frais de l'extérieur.
2. De l'eau pure et fraiche - L'eau est sans doute le deuxième plus important élément à la survie de l'être humain. Le corps en est constitué à plus de 85%. C'est donc l’élément de construction principal et nous ne pouvons vivre plus que quelques jours sans eau. Les Hunzas puisent leur eau dans des sources qui coulent des montagnes enneigées. Cette eau est filtrée naturellement par la végétation, la pierre et le sol. C'est donc une eau de qualité exceptionnelle, non-polluée et chargée de minéraux. De plus, cette eau sert également à arroser les cultures, ce qui ajoute à la qualité des aliments qu'ils cultivent. L'eau du robinet que nous buvons est chargée de produits chimiques destinés à tuer les bactéries qui pourraient s'y trouver. L'eau d'un puits artésien semblerait plus indiquée, plus pure, mais il n'en est plus ainsi. Les produits chimiques répandus au sol pour l'agriculture et autres activités se fraient un chemin jusqu'à la nappe phréatique d'où nous puisons l'eau du puits. Elle n'est donc plus aussi pure qu'avant. Les deux dernières alternatives sont l'eau de source et l'eau distillée. Laquelle utiliser? Les experts ne s'entendent pas sur ce point. Je crois que l'eau la moins transformée, la plus naturelle possible est sans doute un choix judicieux. A vous de choisir!
3. Une nourriture saine et naturelle - En plus de l'air et de l'eau, notre corps a besoin de nourriture pour se construire, se réparer et bouger. Je vous parlerai ici non pas de ce que devrait être l'idéal en alimentation, mais plutôt des habitudes alimentaires qui permettent aux Hunzas de conserver une santé exceptionnelle. Comme la montagne ne leur offre que peu de pâturages, les Hunzas gardent peu d'animaux et mangent très rarement de la viande. Les grains constituent une bonne part de leur alimentation. Comme la saison chaude est courte, ils ne peuvent se permettre de donner du grain à la volaille. Le poulet et les œufs sont donc assez rares également. Le mode de vie "primitif" qu'ils pratiquent ne permet pas d'ajout de produits chimiques dans la nourriture. Le grain leur sert à fabriquer un pain de grain entier qui ressemble à une pâte à pizza - le "Pain Hunza". En plus du grain, les Hunzas cultivent une variété de légumes, fruits, laitues et herbes diverses. Leur diéte se compose donc de mets végétariens à 98%. Les Hunzas utilisent très peu la cuisson et la plupart des aliments sont consommés crus, comme la nature les présente. De nombreuses recherches ont démontré les vertus d'un régime à base de végétaux crus. En résumé donc, une alimentation principalement végétarienne, composée d'aliments crus variés, de grains entiers, noix et légumineuses semble assurer le maintien de la santé des Hunzas. Signalons que tout ce qu'ils consomment est "biologique", non transformé, et non additionné de substances chimiques.
4. Une abondance d'exercice - Dans les montagnes de la région du Hunza, il faut travailler dur pour se procurer de quoi manger. Il faut d'abord parcourir des kilomètres de sentiers montagneux pour arriver aux champs. Les Hunzas cultivent selon une méthode dite "en plateaux", car la montagne ne leur permet pas de cultiver de grands champs plats. Ils ne disposent pas non plus de machinerie, qu'ils auraient de toute façon bien du mal à déplacer entre les champs. Tout le travail se fait donc à la main. Aucune distinction n'est faite en ce qui concerne le travail - jeunes et vieux, hommes et femmes, travaillent tous quotidiennement à cultiver les champs. Depuis les hommes des cavernes, l'humain a a été très actif physiquement, n'ayant d'autre choix pour assurer sa subsistance. L'homme moderne est souvent assis, pendant que des machines cultivent les champs, ailleurs, quelque part. Ce manque d'exercice entraine de nombreux problèmes de santé dont l'obésité, qui est un véritable fléau en Amérique du nord. N'ayez pas peur de bouger. Si vous n'occupez pas un emploi qui vous permette de bouger physiquement, profitez de chaque occasion qui vous est donné dans la journée pour faire de l'exercice. Marchez, courrez, jardinez, grimpez les marches rapidement, portez vous-même vos sacs à l'épicerie, stationnez plus loin au supermarché. Nul besoin de vous abonner à un centre de conditionnement physique coûteux, vous pourrez trouver des occasions partout dans votre quotidien pour bouger et ne vous sentirez que mieux. N'oubliez pas non plus les sports "gratuits" (ou presque) tels que la bicyclette, la marche en forêt, la course à pied etc. Grimpez aux arbres, faites des pirouettes dans le gazon - amusez-vous, et bougez comme quand vous étiez petits!
5. Un sommeil adéquat - Les Hunzas ne se posent jamais de questions sur les heures de sommeil idéales. Depuis toujours, ils se couchent à la tombée de la nuit et se lèvent , au lever du soleil. Leur esprit est libre et clair et ils dorment profondément une moyenne de six heures par nuit. S'il arrive qu’ils ressentent de la fatigue dans la journée, ils font une courte sieste, tout simplement. Essayez pendant quelques temps de vous accorder au rythme de la nature, en vous couchant à la tombée de la nuit, et en vous levant avec le soleil. Voyez comment cela modifie votre niveau général d'énergie. Profitez-en pour regarder le soleil se lever - un plaisir presque divin tant il est simple et pur. Lorsque vous ressentez de la fatigue, écoutez votre corps et faites une pause ou même un petit somme. Votre corps sait combien de repos il requiert. Faites-lui confiance.
6. Du soleil, quotidiennement - De nombreuses études ont démontré l'effet du soleil sur la santé physique et mentale de l'^être humain. L'être humain privé de soleil tend à devenir déprimé plus facilement qu'un autre, qui reçoit quotidiennement de la lumière solaire. Les Hunzas vivent majoritairement à l'extérieur et bénéficient donc d'une lumière naturelle abondante. Plusieurs d'entre nous ont adoptés un rythme de vie qui fait en sorte que nous passons de belles journées ensoleillées à l'intérieur dans un bureau climatisé et éclairé par des néons, pour ensuite en sortir le soir, quand le soleil se couche. Profitez des moments que vous avez pour sortir dehors, prendre de l'air frais et de la lumière solaire (même lorsque les nuages voilent le soleil). Voyez comment cela influence votre moral et votre teint. Je ne parle pas ici par contre de "faire la crêpe" au soleil pour vous bronzer la peau. Nous savons tous les effets d'une surexposition au soleil. Je parle ici simplement d'une exposition modérée, quotidienne à la lumière naturelle du soleil.
7. Un Jeûne occasionnel - Le climat et la géographie du Hunza rendent difficile l'agriculture, et il arrive que la nourriture vienne à manquer pour de courtes périodes, fréquemment au printemps avant la première récolte. Plutôt que de lutter, les Hunzas ont établi un jeûne annuel A cette période. Le corps réagit à l'absence de nourriture en puisant dans les réserves de tissus gras et en nettoyant l'organisme des déchets qui y sont accumulés. L'organisme n'étant plus occupé à digérer, il peut alors concentrer son énergie vers des activités de purification et de nettoyage. Dans une société telle que la notre ¹ les abus alimentaires sont chose courante, un jeûne occasionnel constitue un moyen efficace de purifier l'organisme - de le désengorger. Je ne parlerai pas plus longtemps de la manière et des vertus du jeûne. Il existe une littérature abondante sur le sujet de même que de nombreux sites sur l'internet.
8. Une sensation d'être aimé et utile - Une étude sur le peuple Hunza a révélé que la grande majorité des adultes âgés de 80 ans et plus étaient mariés et l'avaient été toute leur vie. Toute leur vie durant, ces couples bénéficient de l'amour, du support et de l'affection de leur conjoint. Une autre étude effectuée sur des adultes âgés de 80 ans et plus a démontre que ceux qui avaient cessés de se sentir utiles et aimés mourraient peu de temps après. Chez les Hunzas, les adultes les plus âgés vivent invariablement avec leur famille. Il est courant de voir trois ou même quatre générations vivant sous un même toit. L'adulte le plus âgé y occupe une place de choix, étant considéré comme source de sagesse, d'expérience et de bon conseil. La parole d'une personne âgée est donc prise très au sérieux. Il n'y a pas non plus de retraite chez les Hunzas. Tout le monde participe activement à la bonne marche de la communauté, et est donc utile toute sa vie. Le plus étonnant, c'est que les Hunzas conservent la plupart de leurs facultés physiques, mentales et sexuelles jusqu'à un âge très avancé. Est-ce le cas dans nos sociétés dites évoluées ? Comment faisons-nous sentir à nos proches qui vieillissent qu'ils sont aimés, utiles et importants? Doit-on voir un lien entre le traitement que nous réservons à nos personnes âgées et le décrépissement rapide de beaucoup d'entre eux? Je vous laisse juge de ces quelques questions.
9. Un stress limité- Vous serez sans doute d'accord avec moi si je vous dis qu'une vie passée dans une région montagneuse, entourée de végétation, dans calme ,l'air frais et la simplicité est très réduite en stress. Une alimentation saine, un sommeil régulier et réparateur, une bonne dose de lumière naturelle - tous ces éléments contribuent à faire des Hunzas un peuple calme et en santé. Dans de telles conditions, qui ne voudrait pas vivre jusqu'à plus de cent ans? En comparaison, nos vies sont remplies de stresseurs qui nous pressent . La journée typique de beaucoup d'entre- nous est une succession d'événements stressants: se lever à l'heure pour aller travailler, se vêtir convenablement pour le contexte de notre travail, se frayer un chemin dans le trafic, terminer la besogne en retard, préparer le souper pour les enfants, accomplir les tâches ménagères dans la soirée, négocier avec le conjoint qui, lui aussi est fatigué de sa journée. Prenez du temps chaque jour pour simplement être. Appréciez l'environnement autour de vous. Respirez, faites de la méditation, du tai chi, ou n'importe quoi d'autre pour réduire le stress dans votre vie. Voilà le secret d'une vie longue et agréable.
10. Une absence de gourmandise et d'envie - Nous avons été conditionnés à vivre dans l'avoir plutôt que dans l'être. Ainsi, nous voulons toujours plus de biens, de confort, de services, etc... Mais en y regardant bien, avoir plus ne donne souvent pas le résultat escompté. Nous pourrions croire que celui qui possède beaucoup de biens en désire moins, puisqu'il en a amplement. Pourtant, c'est souvent l'inverse qui se produit - plus on en a, plus on en veut. Cette course sans fin ne semble pas aboutir au bonheur véritable et durable que nous recherchons. Les médias et la publicité nous tiennent continuellement informés des derniers biens et services à la mode dont nous avons apparemment besoin. Nous finissons par croire que nous serons malheureux tant que nous n'aurons pas ceci ou cela. Les Hunzas possèdent très peu de choses - non par choix, mais parce qu'il n'y a tout simplement que peu de choses disponibles. L'influence des médias et de la publicité ne les a pas atteint car aucun moyen moderne de communication était disponible jusqu'à récemment. Possédant tous à peu près la même chose - c'est-à -dire pas grand chose - le désir de possession est passablement réduit chez les Hunzas. Ils partagent tous avec nous sans doute le plus grand cadeau: cette planète qui nous nourrit, nous abrite et nous ravit de sa beauté infinie. Cessez de vouloir posséder toujours plus. Vous êtes déjà riche. Concentrez-vous sur quelque chose de plus grand encore: être.


En Conclusion
Mon intention ici n'était pas de rédiger un traité de médecine ou de nutrition, ni de prétendre offrir la meilleure voie vers la santé parfaite. Je crois cependant que nous rejetons parfois du revers de la main des modes de vie que l'on qualifie de "primitif" ou "dépassés", en oubliant que ces modes de vie nous ont permis de survivre plusieurs milliers (millions?) d'années en harmonie avec notre belle planète. Peut-on en dire autant de nos modes de vie dits "modernes"?


 
Synthèse 
 
 
1. De l'air frais en passant du temps dans la nature le plus souvent possible, et en nous entourant de plantes 
2. De l'eau pure et fraiche - L'eau est sans doute le deuxième plus important élément à la survie de l'être humain 
3. Une nourriture saine et naturelle 
4. Une abondance d'exercice 
5. Un sommeil adéquat  
6. Du soleil, quotidiennement 
7. Un jeûne occasionnel 
8. Une sensation d'être aimé et utile 
9. Un stress limité
 10. Une absence de gourmandise et d'envie  

 

 

 

 

Remarque

A quelques reprise, je me suis permis de reprendre les très beaux  textes de Géraldine Benestar et de Pierre Neyret , qui beaucoup mieux que je ne pourrais le faire, sont arrivés à traduire en mots les impressions que j'ai ressenties, que nous avons ressenties, pendant le voyage. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas d'avoir voulu inciter les visiteurs de mon site à découvrir leur très beau livre « Hautes vallées du Pakistan » aux éditions Visions de montagnards.